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Se fédérer ?

Pourquoi les infirmier(e)s ne se fédèrent-ils(elles) pas assez ?

 Le 16 Mai 2018, par Cécile (blog de Cecillio).

Partons d’un constat simple… Vous n’êtes pas sans entendre vos collègues râler (& vous mêmes) chacun dans son petit coin ou en groupe autour d’une galette des rois et d’un bon café. Des soirées et repas ensemble à déblatérer sur nos conditions de travail… Sans que le lendemain matin rien n’ait changé… Votre patient est bien sorti vendredi soir à 20h d’hospitalisation, au bout de trois semaines, sans ordonnance de traitement, de pansements et encore moins votre graal : la prescription IDE (mais keskecest ? ) vous êtes bonne pour 1h30 de bataille administrative lundi… Téléphoner au labo, au Médecin traitant, à la pharmacie, au presta pour un lit médicalisé, mettre en place les auxiliaires de vies, aller chez ED acheter un paquet de pants… Mais ce week end vous ne pourrez pas faire autrement, il faudra bien faire et donner le petit déjeuner à la patiente qui a sa famille à 300kms et ne pourra donc pas être présente… car c’est vendredi soir et que personne n’était au courant… voilavoilavoila… vous connaissez tout ça, on va s’arrêter là, car c’est un débat sans fin… que nous assumons totalement : vous ne pouvez pas laisser Maminette sans son bol et ses tartines ! Un acte de bienveillance et humain hors nomenclature.

 

Un peu d’espoir est mis dans les associations, les syndicats, l’ONI… mais tellement peu d’adhérents que le mouvement s’amenuise aussi vite qu’il prend feu…

Et quel pouvoir votant ! Nous n’avons de cesse de le répéter ! 638 248 IDE sur le territoire (8/04/2015 DREES). 1% de la population : 1 personne sur 100 est IDE. Cela veut donc dire que chaque personne en France a déjà rencontré une IDE, au moins une fois au cours de sa vie et/ou en côtoie une régulièrement.

 

Je vais aller plus loin dans les chiffres pour que ce soit bien clair (1) :

1 175 000 praticiens médicaux et paramédicaux sur le territoire français dont la répartition des principaux est la suivante :

52,5 % d’IDE
18 % de médecins
6,87 % de kinésithérapeutes
6,26 % de pharmaciens

Incroyable hein ?

Nous sommes les mal aimé(e)s.

 

Pas la peine de dire « mais non… » Si : on ne nous aime pas. C’est pas possible autrement… Ou alors on ne nous écoute pas ? On ne nous entend pas ? Mais se fait on entendre ? Comment est il possible que la santé et les conditions de travail se dégradent à ce point dans ce pays, avec ces chiffres ?

D’un côté les gens nous admirent, ils ne voudraient/pourraient certainement pas faire ce métier, ils en ont même souvent un dégoût tout particulier ; et d’un autre, les pouvoirs publics commencent à nous empêcher d’exercer notre art. Fleurissent depuis quelques années ces HAD, SSIAD, prestataires de services & compérages à tout va, vaccinations effectuées par d’autres professionnels & surveillance des patients sous avk, prises de sang, pansements et injections faites par les patients eux mêmes, auxiliaires de vie effectuant des changes et des toilettes au lit… Alors voilà, on en est où nous là dedans ?  Et notre expertise de soignant?

Les soins du rôle propre et prescrit nous échappent, pourtant nous avons un diplôme d’état reconnu après 3 ans et demi d’études, très souvent laborieuses, et nous sommes là, à attendre que le château s’effondre, en criant en silence que ça ne va pas du tout…

 

Il est interdit, selon notre code de déontologie de « pratiquer l’exercice forain de la profession», cette phrase m’a toujours fait sourire, je me suis toujours demandée si un jour nous allions nous mettre au coin de la rue avec un stand vantant les mérites de « mon IM plutôt que celle du voisin d’en face » comme le ferait les commerçants du marché en parlant de leur salade… Pourtant, force est de constater que ça devient le cirque , la fête foraine à proprement parler et qu’un certain nombre de personnes sans diplôme IDE se permet de pratiquer nos actes, de façon légale bien sûr, ET c’est ça qui est formidable : « c’est la fête »… Nous n’avons plus qu’à nous installer à la Foire du Trône avec des néons et des paillettes, des serres tête de diable et des queues de lapin proposant de faire des prises de sang à des prix défiant toutes concurrence, une faite, un tour gratuit pour la prochaine avec un petit carton plastifié orange et une jolie seringue gravée dessus…

 

Les horaires, des manques de moyens PARTOUT, des personnels épuisés et suicidaires ? Mais que se passe-t-il ? Comment la santé est elle considérée par les pouvoirs publics ou plutôt de quelle manière nous considère-t-on, NOUS exactement, les 52% ?

 

Pourquoi les IDE ne se fédèrent pas ? Malgré leur nombre ? Voilà, le problème c’est peut être ça : leur nombre. Comment se fédérer autour d’une seule et même « idée » avec une disparité autant en terme de territoire qu’en terme de disciplines pratiquées (Puer, Bloc, anesth, EHPAD, réa, urgences, libérales, cardio, brûlés, scolaire, du travail…………. J’en oublie tellement) ?

Et à l’intérieur de chaque « caste » », encore là, tout le monde ne se retrouve pas dans les problèmes exposés…

Cela fait des mois que les urgences de Lyon sont en grève. Qui les soutient à part les IDE de Lyon ? Qui a soutenu les IDE anesthésistes il y a deux ans, mise à part les IDE anesthésistes ? Moi, je n’ai rien fait.

 

Et si, à chaque événement, un soulèvement de la profession s’effectuait ? Pendant une journée ou même une matinée, 638 248 IDE n’iraient pas travailler, enverraient leur démission ? On pourrait rêver encore d’un soulèvement citoyen qui se rendrait compte que nous nous battons pour LEUR santé mais non, nous sommes les mal aimé(e)s je vous rappelle : celles qu’on aime avoir proches quand ça ne va pas, mais aussi celles dont on ne souhaite pas se souvenir si possible, c’est des fois trop douloureux…

 

Celles qui boivent le café, parlent et rient fort…
Celles qui remontent le moral à 2h du matin dans l’intimité d’une chambre sombre.
Celles qui pansent,
Celles qui essuient les larmes, le sang et les selles,
Celles qui injectent les médicaments et règlent les machines,
Celles qui apaisent les souffrances et laissent partir doucement jusqu’au dernier souffle en chuchotant à l’oreille que tout se passera bien…
Celles qui ne mangent pas trois repas par jour, ne boivent pas assez d’eau, ne rentrent pas le soir pour coucher les enfants & ne fêtent pas Noël en famille.

 

En voilà des choses pour lesquels nous sommes tous d’accord, non ? Alors ?

 

Alors, il y a aussi un certain manque d’écoute, contradictoire certes, mais en effectuant de nombreuses veilles sur les réseaux sociaux, on se rend compte que certains aiment casser et écraser leurs propres collègues, alors, non, nous ne pourrons pas nous unir de la sorte. Ce n’est pas parce que certains sont engagés depuis longtemps et d’ailleurs l’ont toujours été qu’ils ne peuvent pas accueillir les novices à leurs idées et les faire se rejoindre ensemble… il faut se mettre à niveau. Certaines personnes n’ont pas toutes les connaissances de loi, ne savent pas tout ce qui se pratique dans les moindres détails et dans les règles de l’art. Et ce n’est pas parce qu’ils ne s’en préoccupent pas à un instant T qu’ils sont désintéressés, c’est juste qu’ils évoluent dans des cercles différents, qu’ils ne se sont pas posés les mêmes questions au même moment que vous.

Par exemple, une IDE travaillant en ophtalmologie va avoir quelques difficultés à pratiquer des soins du jour au lendemain en réanimation. Elle sera accueillie dans un service, elle sera formée, doublée (quand les conditions le permettent, car c’est loin d’être le cas partout)… Il en est de même pour les mouvements associatifs, syndiqués…

 

Soyons humbles et accueillons tous NOS COLLÈGUES, COLLABORATEURS, SŒURS ET FRERES DE METIER… nous ne nous en sentirons que plus fiers… réunissons nous autour d’une même idée généraliste : la santé de nos compatriotes, de nos voisins, nos parents et nos enfants… qu’elle soit prise en charge de la façon la plus humaine, déontologique et sensible possible. Et cela ne peut se faire que par des professionnels formés & diplômés.

La profession d’infirmier n’est pas à prendre à la légère, les gens ont besoin de nous, elle évolue très certainement, mais pas à nos dépens, trouvons notre place, négocions nous un futur. N’ayons pas peur des mots : les IDE dans 50 ans ne feront plus le même métier, comme nous ne faisons plus le même qu’il y a 100 ans ; nous ne portons plus de cornettes, peut être que dans 100 ans, nous ne porterons plus ces pantalons à élastiques sexy mais des legging bariolés.

Rappelons que ce sont les syndicats de tous bords confondus qui jouent le rôle de négociateurs auprès des CPAM, les lettres clés, les revalorisations de dimanche, la NGAP… ça ne tombe pas du ciel. Donnons le pouvoir de changer les choses. Il existe les syndicats nationaux, les associations de quartier, de ville, de région, nationale… vous trouverez votre bonheur ici ou là…

 

Il s’agit d’avancer avec notre temps, de nous former, nous réunir et réfléchir ensemble. Il ne s’agit pas de faire des coups bas, des délations et de se battre pour que chacun ait son bout de gras… car là, pour l’instant, on est bien loin de la marche à l’unisson et on se fait écraser par 6,26 %…

 

« PANSER L’IMPENSABLE, PENSER L’IMPOSSIBLE

ET CROIRE A L’INCROYABLE POUR QUE TOUT RESTE POSSIBLE »

Charline

 

 

1/En 2014, l’INSEE recensait près de 1 175 000 professionnels de santé en France dont :

  • 355 000 personnes appartenant aux professions médicales et pharmaceutiques ;
  • 820 000 auxiliaires médicaux.
    Les médecins sont les plus nombreux (219 834, dont 102 000 généralistes et 117 000 spécialistes), suivis des pharmaciens (73 598), des chirurgiens-dentistes (41 186) et des sages-femmes (20 722).
    Parmi les auxiliaires médicaux, les infirmières sont la profession la plus largement représentée avec 616 796 personnes, suivies des masseurs-kinésithérapeutes (80 759) et des opticiens.

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